Consultez le
compte-rendu
d'activité 2011

des sénateurs socialistes
du Finistère

Se donner réellement les moyens de lutter contre les déserts médicaux

Écrit le 30 mai 2011 dans Mots du Sénateur, Thèmes

Ça y est ! L’avenir de l’accès aux soins dans nos territoires fait aujourd’hui partie des sujets d’actualités ! On en parle et on s’en inquiète !

 Il faut dire que la situation est grave, à plus ou moins long terme. Dans le Finistère, la moyenne d’âge des médecins généralistes est de 56 ans.

 Il y a un peu plus d’un an, je déposais un amendement sur le projet de loi de Madame Roselyne Bachelot, alors Ministre de la Santé, obligeant les jeunes médecins à exercer deux à trois ans dans des zones sous-dotées en sortant de leurs études. On m’avait alors fait comprendre que cette mesure n’était pas acceptable et j’étais bien seul à la défendre. Aujourd’hui, la donne a changé.

 Les maires, notamment dans les communes rurales, sont de plus en plus confrontés aux demandes de leurs concitoyens sur l’offre médicale ; que cela soit pour le médecin, mais aussi pour l’infirmière, le dentiste, le kinésithérapeute, etc.

 Air du temps. Il y a quelques semaines, l’Association des Maires de France a invités les élus à un débat dont le thème était « Désertification médicale : une fatalité ? Urbains et ruraux mobilisés pour une médecine de proximité ». En effet, la disparition du médecin entraîne de l’insécurité pour les habitants des petites communes, notamment pour les plus fragiles, voire les oblige à déménager pour s’installer au plus prêt des centres de santé.

Pourtant, le Gouvernement, dans un mouvement inverse, n’entend pas l’écho qui vient des collectivités locales. Ainsi, alors que la loi HPST avait permis quelques petites avancées dont l’obligation pour les médecins travaillant dans des zones sur-denses de participer aux soins quelques heures par mois dans des zones sous-dotées ou encore l’obligation d’une certaine permanence des soins, les derniers votes au Parlement ont complètement fait disparaître ces mesures. Même au Sénat, les élus de la majorité présidentielle avaient souhaité que la mesure permettant une meilleure permanence des soins dans tous les territoires soit maintenue (obligation pour les médecins de déclarer à l’avance au conseil départemental de l’ordre leurs absences programmées). Les députés ont répondu au vœu du Gouvernement de mesures électoralistes, sans prise en compte des attentes sur le terrain.

 Car ce sujet divise encore entre ceux qui ne veulent que des mesures incitatives (aides financières notamment) et ceux qui veulent aller plus loin.

 Le dernier rapport à ce sujet, celui de l’ancienne Secrétaire d’Etat à la Santé, Madame Elisabeth Hubert, commandé par le gouvernement, fait état du peu d’effet des mesures d’aides financières (qu’elles soient pendant les études ou à l’installation).

 Pierre Maille, Président du Conseil général, estime de son côté que : « La solution passe par des mesures contraignantes. L’Etat paye les études des futurs médecins, il serait logique qu’en contrepartie, ils acceptent de rendre service au début de leur carrière ».

 Le projet de Parti socialiste pour 2012 n’oublie pas cette question cruciale. Il propose un nouveau pacte aux professionnels de santé pour assurer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire avec notamment « une régulation de l’installation des médecins, en leur demandant d’exercer dans une zone prioritaire les premières années à la sortie des études ».

 L’Agence régionale de santé, dont je représente les communes au Conseil de surveillance, a, sous mon impulsion, fait de l’égalité d’accès aux soins sur tout le territoire breton une de ses priorités de son plan stratégique.

 Mais j’estime que la situation est grave et que nous nous devons d’agir maintenant pour ne pas laisser nos territoires à l’abandon. L’égal accès à un médecin ou à un hôpital doit revenir comme une obligation de l’Etat qui doit s’en donner les moyens.


 S'abonner