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Santé. La traversée des déserts médicaux

Écrit le 23 décembre 2011 dans Canton de Lanmeur, Ma revue de Presse, Santé

Article du Télégramme – Le 23 décembre 2011

La géographie médicale du pays de Morlaix laisse apparaître des déserts médicaux qui souffrent de leur manque d’attractivité par rapport aux villes. Un constat inquiétant alors que l’âge moyen des généralistes ne cesse d’augmenter.

Si l’offre médicale reste satisfaisante dans le pays de Morlaix, la localisation des médecins généralistes traduit de fortes disparités au sein du territoire. La carte médicale laisse apparaître pas moins de cinq déserts médicaux. De Loc-Eguiner-Ploudiry à Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, de Locquénolé à Locquirec, de nombreux patients doivent parcourir plusieurs kilomètres avant de trouver un médecin généraliste.

«Impossible qu’un médecin revienne»

Avec 3,5 médecins pour 5.000habitants, le bassin de vie de Landivisiau est à la peine. À l’exception de Landivisiau, toutes les communes sont sur la corde raide. Pire: dix bourgs n’ont aucun médecin. Au coeur des monts d’Arrée, les 322 habitants de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec sont contraints de se déplacer jusqu’à Saint-Thégonnec ou Pleyber-Christ. «Sur une petite commune comme la mienne, c’est impossible qu’un docteur revienne», constate, avec fatalité, le maire, Françoise Raoult. «Les gens se sont habitués. Ils s’arrangent entre voisins», poursuit l’élue, qui s’inquiète du non-remplacement des médecins qui partent à la retraite dans les communes voisines. Changement de décor sur le littoral. Avec 5,7 médecins pour 5.000 habitants, le bassin de vie de Saint-Pol-de-Léon fait figure de Côte d’Azur léonarde. «L’offre est satisfaisante», confirme Nicolas Floch, président de la communauté de communes du pays léonard. Attirés par le cadre de vie et la forte densité de population, les médecins ne se font pas prier pour s’installer dans la région. Et tant pis si Saint-Pol et Roscoff concentrent la majorité des docteurs au détriment des petites communes. «Je ne me vois pas uniquement comme un médecin saint-politain mais comme celui d’un territoire», explique Nicolas Floch, médecin de profession. «Je ne pense pas qu’il faille un généraliste par commune car les déplacements sont courts», poursuit le maire de Saint-Pol.

Morlaix surpeuplée avec 24 médecins

Dans le bassin de vie de Morlaix, la densité de médecins est supérieure à la moyenne nationale mais elle trahit d’importantes inégalités. Avec ses 15.600 habitants, la cité du Viaduc devrait théoriquement accueillir 13 médecins, contre 24 actuellement. Le nord-est du territoire et l’arrière-pays des monts d’Arrée souffrent de la domination morlaisienne. À Plouezoc’h, les 1.600 habitants sont orphelins de leur médecin de village depuis près d’un an. «On vient d’avoir l’engagement d’un jeune généraliste parisien. Il s’installera en mars2012», rassure le maire, Yves Moysan, qui n’a pas ménagé ses efforts pour attirer la perle rare. «C’est la cinquième personne que je rencontre. C’est beaucoup de travail. Un candidat m’a même demandé combien j’étais prêt à lui donner!», indique l’élu.

Le cabinet médical solution miracle?

Mise à disposition d’un local. Recherche d’un emploi pour le conjoint… Les maires doivent multiplier les initiatives pour attirer les docteurs. Les communes qui possèdent un cabinet médical s’en sortent mieux que leurs voisines. Ainsi, Guerlesquin (1.400habitants) se paye le luxe de posséder trois médecins. «Nous sommes un pôle centre par rapport aux communesvoisines», justifie le maire, Paul Uguen. À Lanmeur, la future maison de santé pourra accueillir six généralistes. Deux studios seront mis à la disposition des stagiaires. «On espère qu’ils vont rester», glisse le sénateur-maire socialiste, Jean-Luc Fichet. Reste que ces équipements sont très coûteux pour des communes qui doivent se serrer la ceinture. Si le nombre d’étudiants diplômés devrait être suffisant pour remplacer les départs à la retraite, l’installation des jeunes médecins risque de susciter le débat dans les prochains mois. «On devra passer par des mesures plus coercitives car les mesures incitatives ne marchent pas», prévient Jean-Luc Fichet.

  • Kévin Cabioch


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