Mon travail pour faire reconnaître une nouvelle profession : l’herboriste
Écrit le 13 juillet 2011 dans Herboristes, Mes interventions, Mots du Sénateur, Santé
J’ai présenté le 12 juillet une proposition de loi au nom du groupe socialiste du Sénat visant à créer et à organiser la profession d’herboriste. Ce texte est le fruit de nombreuses auditions depuis plus de six mois : producteurs de plantes, pharmaciens, médecins, professions paramédicales, centres de formation….
Supprimée en 1941 sous le Maréchal Pétain, la profession d’herboriste n’a jamais pu être rétablie dans notre pays malgré de nombreuses tentatives législatives.
Pourtant, le public s’intéresse aux effets des plantes sur leur santé et leur cadre de vie. Il a envie de conseils pour utiliser ces plantes. Que cela soit pour se soigner ou pour son bien-être, le consommateur cherche des produits plus « naturels ». Les derniers scandales sanitaires n’y sont certainement pas pour rien.
La disparition des spécialistes des plantes et la forte demande des consommateurs ont poussé certaines personnes, sans diplôme spécifique ni compétence, à vendre des plantes, leur prêtant des mérites qu’elles n’ont pas. Or sans interlocuteur approprié, l’administration de plantes peut se révéler dangereuse, en fonction de la posologie et de la qualité de la plante.
Le développement de l’herboristerie tel que je le propose doit permettre d’agir efficacement en complémentarité des traitements traditionnels et contribuer ainsi à la maîtrise du déficit de notre système de sécurité sociale. Ce sera également une réponse pour améliorer la prévention et le bien être. Il s’agit de faire connaître à tous l’utilité des plantes qui nous entourent.
Enfin, les plantes sont également une source de débouchés importante pour notre agriculture et pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. La France importe aujourd’hui 80% des plantes médicinales !
J’estime que les débats qui ont eu lieu autour de la dernière directive européenne montrent tout l’intérêt d’améliorer la législation dans notre pays pour préserver nos ressources et nos connaissances.
Ainsi, l’herboriste sera un professionnel des plantes (connaissance de la production, de la cueillette, du séchage, des bienfaits et des effets néfastes). Il sera respectueux de l’environnement et de la ressource qui n’est pas infinie. La profession sera encadrée. Son cursus sera complet et devra comporter des cours de botanique permettant la reconnaissance des plantes, de chimie, de physiologie, de phytothérapie, de diététique, de techniques de récolte, d’apprêtage et de conservation des plantes. Il pourra bien évidemment travailler en toute intelligence avec les pharmaciens et pourra ouvrir des commerces d’herboristerie.
Il faut maintenant que cette proposition de loi soit mise à l’ordre du jour de la discussion parlementaire. Le travail continue !
Je profite de cet édito estival pour vous souhaiter de bonnes vacances sous le signe de l’engagement et de la solidarité.
Jean-Luc Fichet
Retrouvez la proposition de loi : Proposition de loi Herboriste 12 juillet 2011
Et une revue de presse :



