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des sénateurs socialistes
du Finistère

La nécessité d’un bouclier rural

Écrit le 1 mars 2011 dans Mots du Sénateur, Thèmes

Le Sénat, à l’initiative des sénateurs socialistes, a mis en place une mission commune d’information du Sénat sur les conséquences de la révision générale des politiques publiques (RGPP) sur les collectivités territoriales. Une mission de plus, me direz-vous ? C’est pourtant le rôle des parlementaires de contrôler l’action du Gouvernement. Ce contrôle me semble d’autant plus nécessaire quand il touche à une réforme profonde de l’État qui a des conséquences sur notre vie quotidienne et aura des conséquences sur les générations futures. C’est donc bien le rôle du Sénat, en tant que représentant des collectivités territoriales, de vérifier la réalité de cette atteinte flagrante aux services publics locaux qui met en cause le principe d’égalité des citoyens dans la République.

Parler de la révision générale des politiques publiques, c’est parler de l’avenir de la fonction publique avec le « sacro-saint »  non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et ses conséquences désastreuses sur tous les territoires, notamment les plus fragiles.

Parler de la révision générale des politiques publiques, c’est aussi envisager ses conséquences pour les services publics dans nos territoires.

Bref, travailler sur cette réforme, c’est faire le bilan de ce qu’elle a changé pour les communes et pour les habitants. Il convient surtout d’en évaluer au plus vite les conséquences afin d’en faire cesser les effets pervers.

Envisagée en 2007 pour réorganiser les services publics dans l’intérêt général, elle se traduit aujourd’hui pour les communes par une réduction drastique des moyens humains et financiers auxquelles elles avaient accès. Elle aboutit également à une destruction brutale des emplois dans la fonction publique. Au sein  de l’Éducation nationale,  c’est l’ensemble des enseignants et même la totalité des associations de parents d’élèves qui s’en inquiètent aujourd’hui.

Loin d’améliorer le service au public, cette politique à court terme met à mal l’accès aux services publics et participe à la fracture territoriale. Outre les 150 000 emplois publics supprimés entre 2008 et 2012, c’est la disparition des tribunaux, des hôpitaux, des bureaux de poste qui inquiète les territoires.

Si dénoncer est important à l’heure où Stéphane Hessel nous appelle à nous indigner, il est essentiel également de proposer des voies alternatives à la casse généralisée perpétuée par la politique actuelle. C’est la raison pour laquelle nous travaillons au Sénat, avec mes collègues socialistes à une proposition de loi mettant en place un « bouclier rural » (www.bouclier-rural.net).

Un bouclier a pour but de protéger celles et ceux qui s’y réfugient. En matière de politique local, il s’agit de créer les conditions d’accès aux services publics pour tous dans un temps limité, que cela soit pour des choses aussi différentes que voir un médecin, se faire soigner à l’hôpital, poster une lettre, avoir accès au très haut débit, se faire établir une carte grise…, autant d’actions quotidiennes qui doivent rester accessibles à tout un chacun.


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