Mots du Sénateur
Bonjour Rigueur !
Écrit le 11 mai 2010 dans Europe, Mots du Sénateur
Ça y est ! Le plan d’aide d’urgence en faveur de la Grèce a été voté au Sénat. La France y participe pour un montant qui avoisine les 17 milliards d’euros sur trois ans.
Je veux ici faire part de mon étonnement, voire même de mon inquiétude, que d’avoir dû assister à de si longues tergiversations européennes pour savoir si l’Europe devait intervenir ou pas dans cette crise.
Au nom de la solidarité européenne, il va de soi que l’Europe devait réagir pour aider la Grèce. Le FMI est intervenu également au grand dam de Jacques Delors. L’ancien Président de la Commission européenne s’est dit « meurtri » de cette intervention, estimant que l’Europe avait les moyens de résoudre seule la crise, et donc, par la même occasion, de prouver la force de l’euro.
Dans cette période d’affres économiques, n’oublions pas les victimes, en l’occurrence les citoyens grecs qui, pour rappel, ne sont pas la cause de cette crise. Malgré cela, ce sont eux qui vont subir les foudres d’une cure de rigueur aux effets indigestes.
Face à cette régression sociale accélérée, rien de surprenant à voir les travailleurs grecs descendre dans la rue manifester contre des réformes qui remettent en cause leurs acquis sociaux.
Profitant de la crise grecque, le Gouvernement français semble s’engager également vers le chemin de la rigueur bien qu’il n’est, à un seul moment, prononcé le mot « litigieux ». Le Premier Ministre stipulant bien qu’il ferait tout pour ramener le déficit public à moins de 3% en 2013. Un propos qui ne laisse rien de présager de bon pour la suite.
J’ose espérer qu’il ne s’agit pas d’une malice gouvernementale qui vise à nous proposer une réforme des retraites dénuée de toutes considérations sociales !
Mais quelle crédibilité accordée à un Gouvernement qui veut à tout prix revoir les aides sociales sans revenir une seule fois sur le bouclier fiscal. Force est de constater que s’opère, encore une fois, une véritable injustice sociale.
Aussi, attaché à défendre les droits sociaux de chacun et en particulier des classes modestes, j’ai comme la vague impression que les prochains débats parlementaires vont être houleux et que la mobilisation va être véritablement nécessaire.
L’insoutenable légèreté du Gouvernement
Écrit le 13 avril 2010 dans Collectivités territoriales, Mots du Sénateur
Face à un Etat qui asphyxie les collectivités territoriales en leur transférant un nombre croissant de charges sans les accompagner de moyens financiers, rien d’étonnant à voir des élus locaux montés au créneau pour montrer leur désapprobation.
Le principe constitutionnel de « libre administration » des collectivités exige que « des moyens financiers » soient fournis à celles-ci afin de garantir leur autonomie et assurer leur sécurité financière.
Les différents contentieux actuels, menés notamment par certains conseils généraux, ne sont que la manifestation légitime d’un profond malaise présent, depuis un certain temps, chez beaucoup d’élus.
Soulignons également que la très « recentralisatrice » réforme des collectivités territoriales dont plusieurs volets ont déjà été votés amplifie quelque peu, et ce n’est rien de le dire, cette exaspération.
Les élus, démunis financièrement, savent qu’ils vont rencontrer les plus grandes difficultés pour maintenir et fortifier cette cohésion sociale qui fait la force et la qualité de nos territoires, particulièrement en période de crise économique.
Illustrons ce propos par l’exemple de la suppression prévue de la clause de compétence générale des régions et des départements. L’objectif étant d’aboutir à la réduction des marges de manœuvre des collectivités. Et vraisemblablement, ce sont les acteurs du monde culturel et associatif qui, les premiers, vont pâtir de cette réduction de moyens, infligée aux collectivités.
Les conséquences vont être néfastes pour le spectacle vivant. De nombreux théâtres risquent de connaître de graves difficultés financières, sans parler des conséquences pour le financement des équipements culturels tels que les musées.
Faut-il rappeler que l’art et la culture constituent un atout considérable pour le rayonnement de notre Pays.
Les financements croisés participent à cet éclat en permettant aux villes provinciales d’avoir des scènes nationales à l’instar de celles de Morlaix, Brest ou Quimper. Malgré cette réalité, la majorité présidentielle préfère éroder cette indispensable décentralisation culturelle entamée depuis de nombreuses années.
N’oublions pas que la dynamique d’un territoire repose essentiellement sur trois piliers, à savoir les volets économique, social mais également culturel. De nombreux cadres et chefs d’entreprises considèrent la configuration culturelle d’un territoire comme une condition à leur installation.
Ainsi, un territoire sans sa dimension culturelle est une entité qui, progressivement, se vide de toutes forces économiques et sociales. A l’image de ce qui se passe dans le domaine médical, on organise des déserts culturels et par conséquent économiques.
Aussi, quand on assiste à un tel démantèlement, cela nous amène à nous interroger sur la politique sous-jacente menée par le Gouvernement pour l’avenir de nos territoires ruraux !
Quand la réforme territoriale met à mal la parité !
Écrit le 02 mars 2010 dans Mots du Sénateur, Thèmes
Le 8 mars prochain, nous allons célébrer la Journée internationale des droits de la Femme. Diverses manifestations vont avoir lieu à travers le monde pour entendre ou faire entendre la voix de celles dont les droits ne sont pas toujours respectés, voire plus que bafoués.
Je veux profiter de cette occasion pour dresser un bilan de l’état actuel de l’égalité homme-femme dans notre Pays et plus précisément dans notre système politique.
Située régulièrement en bas du classement européen dans le palmarès des femmes en politique, la France a pourtant su mettre en œuvre des mesures pour palier à cette anomalie démocratique, particulièrement depuis la loi sur la parité du 6 juin 2000. Cette loi, qui punit par le biais d’une diminution des financements publics les partis ne respectant pas l’égal accès des femmes et des hommes aux différentes élections, a permis de promouvoir un plus grand nombre de femmes à diverses élections, notamment au sein des conseils municipaux et régionaux.
Toutefois, cette évolution positive et perfectible engagée depuis une dizaine d’années risque de se renverser si le mode de scrutin, voulu par le Gouvernement pour l’élection des futurs conseillers territoriaux, est voté.
En effet, le mode de scrutin tel qu’il est présent actuellement dans le cadre de la Réforme territoriale est proprement régressif pour la parité dans l’accessibilité aux responsabilités politiques.
Il est proposé que 80% conseillers territoriaux soient élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour et les 20% restants à la proportionnelle. Or, les projections montrent que cela fera élire à peine 20% de femmes conseillères territoriales. Autant dire qu’il s’agit-là d’un sévère recul faisant hélas passer la France pour un pays archaïque, incapable de respecter les règles les plus basiques d’une démocratie.
Soulignons également le caractère inconstitutionnel de cette disposition. La Constitution stipule dans son article 3 que la loi doit « favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». Or, force est de constater que le scrutin inscrit dans ce projet de loi n’est pas réellement en conformité avec ce principe d’égal accès.
Au-delà du simple aspect juridique de cette mesure, s’engage un véritable débat de société. Le progrès de cette dernière qui prend forme, ici, par l’amélioration nécessaire des droits des femmes en politique, ne doit pas achopper pour des considérations purement politiciennes. L’objet de ce nouveau scrutin étant, ne l’oublions pas, de conquérir, par ce moyen peu glorieux du vote à un seul tour, le maximum de collectivités.
Voici pourquoi les prochains débats parlementaires portant sur ce volet s’annoncent quelque peu offensifs.
La raison à cela est qu’il apparaît grand temps, pour de nombreux élus mais également de citoyens, de faire rentrer les femmes dans l’égalité politique. Profitons de cette célébration du 8 mars pour y réfléchir !
Hommage à Tanguy-Bihan
Écrit le 02 février 2010 dans Mots du Sénateur
Voici 40 ans, plus précisément le 20 janvier 1970, s’éteignait François Tanguy-Prigent, un homme politique qui a joué un rôle prépondérant tant au niveau du Pays de Morlaix que dans le paysage politique national.
François Tanguy-Prigent, familièrement appelé Tanguy-Bihan, a été pendant de nombreuses années conseiller général du canton de Lanmeur, une fonction que j’occupe actuellement, aussi, en tant que successeur de cette lignée de conseillers généraux, je veux rendre hommage à cet illustre prédécesseur.
Alors, arrêtons-nous un instant sur cette force politique et morale qu’il a été et qu’il représente encore aujourd’hui.
Issu d’une famille paysanne, laïque et de gauche, il va gravir très rapidement les différentes marches de la politique qui mènent aux hautes responsabilités, en effet, à tout juste 18 ans il devient secrétaire de la section des jeunes socialistes de Saint-Jean-Du-Doigt, en 1936 à seulement l’âge de 26 ans il est élu député du Finistère en battant un notable local réputé imbattable, et en 1944, jusqu’en 1947, il occupe la fonction de ministre de l’Agriculture, bref autant dire une ascension fulgurante qui aujourd’hui ne peut que faire rêver des femmes et des hommes impliqués dans le monde politique.
Que dire de son intégrité si ce n’est qu’elle est un modèle à laquelle il semble important de se référer, son attitude durant une période sombre de notre histoire ne peut apparaître qu’exemplaire pour les générations anciennes, actuelles et à venir. En effet, avoir refusé, le 10 juin 1940, de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain à un moment où beaucoup se résignaient ou acceptaient de se plier à cette fausse fatalité, l’a indiscutablement fait entrer dans l’Histoire de ces Hommes, de ces « 80 parlementaires », qui ont su dire « Non » à la soumission afin de voir les valeurs de la République ne pas tomber dans les bras dangereux de la compromission.
En tant que ministre de l’Agriculture, il a su engager les réformes nécessaires pour permettre à une France exsangue de se relever de sa situation de pénurie. Il parvient notamment à mener la réforme du statut du fermage et du métayage en renforçant les droits des fermiers face aux propriétaires fonciers, l’objectif étant de lutter contre la précarité de façon à voir ce pays prendre le chemin de la modernisation sociale et agricole. De par cette réforme, François Tanguy-Prigent inscrit son nom parmi ceux qui feront date dans l’histoire agricole française.
A l’heure où en politique la forme prend souvent le pas sur le fond, à un moment où la France manque véritablement d’Homme ou de Femme d’Etat, il est bon et même indispensable de célébrer ceux qui appartiennent ou qui ont appartenu à la trempe des vrais personnages d’Etat, c’est-à-dire de ceux qui ont su préparer l’avenir d’un pays tout en sachant demeurer fidèles à leurs idées.
Tel est l’hommage, certes un peu court, que je souhaite rendre à Tanguy-Bihan, un homme qui a su marquer de son empreinte l’histoire politique française. Et pour le sénateur du Finistère et le conseiller général du canton de Lanmeur que je suis, il reste un exemple, d’où ma volonté d’accomplir ce petit devoir de mémoire.
Le mot du Sénateur
Écrit le 07 janvier 2010 dans Divers, Mots du Sénateur
2010 Accessibilité et solidarité
Allez …. On peut se le dire l’année 2009 n’aura pas été une très grande année !!! Un mot nous reste à l’esprit « la crise ». Terrible économiquement, cette crise 2009 aura aussi été la justification à des initiatives injustes et malheureuses aux conséquences dramatiques. Je pense comme vous tous, et entre autres, aux licenciements abusifs et aux souffrances qu’ils engendrent sans manquer d’évoquer la triste condition de cette nouvelle catégorie de travailleurs qu’on appelle pauvres.
Par ailleurs, contrairement à toutes les périodes de difficultés, cette crise se distingue non pas par un accroissement des comportements solidaires mais par un effacement du souci de l’autre. Le mot magnifique et si plein de sens de « solidarité » n’est plus en vogue.
L’individualisme et le rejet de l’autre, nourris par des débats dont on peut douter de la nécessité à pareille époque, s’installent.
Les lois votées en 2009 ne se sont pas non plus distinguées par une grande préoccupation de l’intérêt général. La réforme hospitalière en est un exemple. Le droit aux soins et à la santé pour tous s’est dissous dans des préoccupations essentiellement économiques …
La fraternité est pourtant un principe républicain. Je souhaite que 2010 renoue avec ce principe et que la solidarité inspire l’esprit de nos reformes en cours et à venir.
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées est exemplaire en ce sens. Elle réaffirme l’accessibilité pour tous quelques soit le handicap. Elle illustre parfaitement ce que doit être la préoccupation de l’élu, à savoir l’intérêt du plus grand nombre.
En effet, pour 2015, l’ensemble des collectivités et des organismes recevant du public devront avoir réalisé les travaux nécessaires afin que l’accès ne soit plus une difficulté pour les personnes qui momentanément ou durablement rencontrent des difficultés de mobilité. Il n’est en effet pas acceptable que, pour des raisons de grand âge ou de handicap, on ne puisse pas, sans l’aide de tiers, accéder aux services de mairie ou à un guichet de banque.
Bravo pour cette loi qui, redonne le sens de l’action publique dans l’esprit de fraternité et de solidarité qu’on ne devrait jamais oublier.
Mais l’accessibilité, c’est aussi la proximité, la modernité, l’égalité des territoires, … et donc le développement des services publics. Je suis pour ma part convaincu que dépouiller les zones rurales pour augmenter l’embonpoint des grandes agglomérations crée un déséquilibre qui dans le temps nous sera fort préjudiciable socialement et économiquement. J’utiliserai mon mandat de sénateur pour lutter contre ce mouvement que l’on nous dit inéluctable…
Que 2010 vous apporte à tous joie et bonheur ainsi qu’à vos familles.
Bloavez mad
Bienvenue !
Écrit le 05 octobre 2009 dans Mots du Sénateur
En créant ce site, je sacrifie sans doute à un effet de mode. Mais bien plus que cela, j’utilise ce média pour toucher un public dont la toile est devenue la principale source d’informations.
Mon travail de sénateur est d’assurer une continuité d’action. Être sur le terrain, au plus près des préoccupations des maires et des acteurs locaux. Remonter ces questions à Paris pour élaborer ou modifier la loi dans le sens de l’intérêt général, en intégrant les particularités de la Bretagne. J’interviens ainsi contre la loi sur le travail du dimanche, pour la défense de la maternelle et de l’accueil des 2 ans, la défense des productions telles que le lait ou les huîtres…
À l’heure où les citoyens cherchent des repères dans l’action publique, il me semble important de faire connaître le travail d’un sénateur dont la fonction est de représenter les collectivités territoriales et leurs élus.
Internet est un outil, interactif, indispensable pour se forger une opinion et réfléchir ensemble. Vous trouverez sur ce site des informations sur l’actualité des textes législatifs et sur l’ensemble de mes interventions au Sénat. N’hésitez pas à m’envoyer vos critiques et vos idées.
Le mois de septembre a sonné la rentrée du Parlement.
Plusieurs annonces du Gouvernement vont amputer le pouvoir d’achat des ménages. C’est le projet d’une taxe carbone sans garantie que cet argent ira bien à l’environnement mais aussi sans garantie que les familles ne seront pas pénalisées. C’est aussi le projet de l’augmentation du forfait hospitalier de 25 %, du jamais vu. Bien sûr on ne peut pas laisser ce déficit à nos enfants ; bien sûr, il faut trouver des solutions efficaces à l’heure où les déserts médicaux sont une réalité, surtout dans certains territoires de Bretagne, mais pourquoi ne s’interroge t’on pas, par exemple, sur le coût pour la sécu des exonérations de charges sociales des entreprises ?
Du côté de la réforme des collectivités territoriales, le débat qui devait avoir lieu au Sénat à la rentrée est repoussé… à Noël… Ce projet de loi menace la démocratie locale et les services publics. Il s’agit de casser les dynamiques départementales et régionales. Il s’agit de rendre coupables les collectivités locales des déficits public alors qu’elles réalisent aujourd’hui plus de ¾ de l’investissement public.
Sur ces sujets et sur bien d’autres, le débat reste ouvert.
Bonne navigation à toutes et tous.
Jean-Luc Fichet



