L’école rurale en sursis
Écrit le 22 juillet 2010 dans Education, Mots du Sénateur
L’école rurale est-elle en sursis ? Cette question, je ne suis pas le seul à la poser. L’Association des maires ruraux de France s’est dit effarée et consternée devant les « intentions révélées dans le schéma de diminution des moyens d’encadrement du 5 mai dernier » de l’Education nationale. L’association des élus affirme que : « Si elles sont confirmées, ces pistes visant à la réduction du nombre de postes porteront un coup sans précédent aux écoles rurales » !
Quelques exemples dans le Finistère :
Pour la rentrée 2010, l’inspection académique est revenue sur une dizaine de fermeture de postes d’enseignants mais cela n’empêche pas des suppression dans de nombreuses communes : Plourin-les-Morlaix, Le Guilvinec, Pleyber-Christ, Scaër, Bannalec, Carhaix, pont-de-Buis, Saint-Pol-de-Léon, Gouesnou, Treméoc…
L’augmentation du nombre d’élèves par classe, le relèvement des seuils de fermeture et d’ouverture de classe, la baisse de la scolarisation des enfants de deux ans, le regroupement des petites écoles n’ont qu’un but : la fermeture de classes et d’écoles en particulier dans les communes rurales !
Le rectorat a même fait savoir que les augmentations d’effectifs en petite section ne conduiraient pas à l’ouverture de classes ! Désormais, la crainte est que le refus de prendre en compte les enfants de 2 ans ne conduise à des fermetures.
Les écoles en milieu rural participent pourtant à la diversité par leurs expérimentations : classe unique, collège expérimental, lycées agricoles. Et force est de reconnaitre que malgré le manque de moyens, ces établissements tirent leur épingle du jeu. Isolées géographiquement, ces écoles ne le sont pas institutionnellement. Elles font partie de réseaux d’éducations, de regroupements pédagogiques, de partenariats qui permettent des échanges et une mutualisation de moyens.
Elles sont également essentielles à la vie de nos communes et à l’aménagement du territoire.
De son handicap financier et culturel, l’école en milieu rural tire des richesses insoupçonnées qui ne peuvent que forcer l’admiration. Au lieu de se servir de ces atouts, au lieu de transcender la notion de territoire, la logique comptable que porte le Gouvernement met à mal des années de travail et d’efforts.
En somme, pas plus dans les territoires urbains que dans les territoires ruraux, nous ne voulons d’une société qui exclut. L’accès à l’éducation doit être le même pour tous, sur le territoire national, quelque soit sa situation géographique ou sociale. La stratégie comptable qui guide actuellement les décisions gouvernementales est injuste et inégalitaire, contraire aux fondements même de la République. Un moratoire sur la fermeture des classes en milieu rural est indispensable. Un autre choix de société est pourtant possible en faisant de l’éducation la priorité nationale. Il est temps d’agir pour éviter un désastre à moyen terme.






